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  • Photo du rédacteurDon Pronovost

Je ne suis pas un motocycliste.

Le texte qui suit, bien que quelque peu sarcastique, résume mon observation et ma réflexion concernant les changements observés du motocyclisme au cours de la dernière décennie. Je réalise, à partir de ma propre interprétation des événements, que d’être un motocycliste de nos jours n'a plus rien à voir avec ce que j'ai connu et ce que j'estime être du motocyclisme. Je ne suis pas contre le changement, l'évolution ou l’amélioration constante des choses, mais je suis cependant contre le nivellement par le bas et l’accommodement déraisonnable qui de ma propre vision des choses frôle la médiocrité.


Je constate aussi que l'industrie du motocyclisme, plus particulièrement le double-usage, se porte bien. Presque tous les manufacturiers produisent maintenant des motos de type aventure. Même certaines compagnies comme Harley-Davidson se sont lancées vers ce créneau et produisent leur propre version d'une moto double-usage. Ce qui amène donc un plus grand nombre de nouveaux adeptes de ce type de moto sur nos routes et nos sentiers. J'imagine que l'on devrait se réjouir de cette vague de popularité. Mais en ce qui me concerne, j'éprouve quelques réticences et même une certaine nostalgie.


Le sport de la moto a bien sur beaucoup évolué au cours des dernières décennies, particulièrement au niveau de la technologie de plus en plus sophistiquée. Ces nouvelles avancées permettent donc l'accessibilité à la conduite d'une moto pour un plus grand nombre de gens. Cependant, en voulant rendre le motocyclisme plus accessible et plus attrayant, j'ai le sentiment que l'on a fini par oublier ou mettre de coté la nature même du pilotage d'une moto. À l'époque, l'équilibre et l'agilité étaient essentiel à la conduite d'une moto et procuraient un sentiment légitime de satisfaction et d'accomplissement.


Dorénavant, l'ajout de roues supplémentaires est de plus en plus commun, laissant croire ainsi à une plus grande stabilité. Je remarque aussi des designs de moto procurant plus de confort et d'accommodement pour le pilote. Je pense aussi à certains modèles avec transmission automatique ou l'utilisation d'un embrayage conventionnel serait jugé trop contraignant. Sans parler du nombre incalculable des différents modes de conduites proposés sur le tableau bord aux allures de tablette électronique. Ces pseudos assistances à la conduite m'apparaissent beaucoup trop intrusives et inhibent le véritable sentiment de conduite.


Selon le dictionnaire Larousse, un moto est: motocycle à deux roues, d'une cylindrée de plus de 50 cm3 (moteur thermique) ou d'une puissance de plus de 4 kW (moteur électrique).

Toujours selon le Larousse, une motocyclette se définit ainsi: Véhicule à deux roues pourvu d'un moteur thermique. Je vous invite d'ailleurs à lire la description intégrale du Larousse en cliquant ici.


Alors suite à cette réflexion, je ne crois pas être un motocycliste tel que l'industrie souhaite me le faire croire.


Je ne suis pas un motocycliste, parce que je roule avec un engin à moteur muni de deux roues, que l'on appelait à une autre époque une moto. Dorénavant, une moto se définit comme étant un engin à moteur pouvant posséder deux, trois ou même quatre roues, selon l’accommodement exigé de son utilisateur.


D'ailleurs, à partir de combien de roue ne s'agit-il plus d'une moto?


Le scooter n'est-il pas lui aussi en train de devenir un nouveau type de moto à la mode puisqu'il possède 2 roues, un guidon et que sa cylindrée peut parfois atteindre les 650 cc?


Je ne suis pas un motocycliste parce que je roule avec ce que l'on appelait une moto. De ce fait, je choisis de porter un casque, des lunettes, des gants, un pantalon, un manteau de protection et des bottes adéquates, car je suis pleinement conscient des risques de chutes et de blessures. Je souhaite minimiser les conséquences lorsque l’inévitable se produira. Je refuse de m'en remettre à 100% à l'aide électronique qui à tout moment peut être déficiente ou inefficace.


Alors que dorénavant, le port du casque (parce qu'imposé par la loi) et des bottes de travail ou de randonnée sont suffisantes, la météo dictant majoritairement ce que le pilote va porter lors de sa balade. De plus, pour certains, porter un casque est une atteinte à leur liberté personnelle!


Je ne suis pas un motocycliste parce que les seules compétences légalement requises pour circuler sur les routes publiques sont celles d'un examen théorique et pratique dans un environnement ne représentant aucunement ce à quoi un nouveau motocycliste devra s'attendre en quittant le concessionnaire.


La formation continue, la compréhension des lois physiques régissant le pilotage de la moto ainsi que plusieurs heures de pratiques en circuit fermé ou sous supervision sont, pour une trop grande majorité de gens, non essentiel voire une perte de temps.


Je ne suis pas un motocycliste parce que je n'exigerai pas auprès de mon gouvernement qu'on modifie la route, une courbe, une pente, la chaussée ou tout autre élément de l'environnement qui m'aurait fait chuter ou perdre le contrôle de ma moto.


D'ailleurs, je me suis toujours demandé pourquoi les pilotes professionnels, suite à une chute ou une perte de contrôle, assumaient le blâme et reconnaissaient leurs fautes? Alors que tout autre motocycliste amateur accusera les pneus, le terrain, la météo ou la pleine lune lorsque surviendra un chute ou une perte de contrôle.


Alors non, je ne suis pas un motocycliste, tel qu'on souhaite me l'exposer en 2024.


Quelle définition est dorénavant la bonne pour définir l'engin à deux roues mu par un moteur?


Et au terme de cette réflexion, roule-t-on en moto pour les bonnes raisons?






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